Le laboratoire de Bandafassi a été mis en place en 2008 par la fondation FMSR pour lutter contre le fléau de la bilharziose affectant les populations rurales au Sénégal. Il s’appuie sur un laboratoire installé dans une infirmerie, et sur une équipe mobile motorisée.


La bilharziose ou schistosomiase est une maladie parasitaire due à un ver hématophage, le schistosome. Elle est présente dans les zones tropicales et subtropicales : en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie et dans le bassin méditerranéen. C’est la seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme avec une prévalence de 180 millions d’individus affectés, pour environ 280 000 décès chaque année. La morbidité observée chez les populations humaines infectées est essentiellement liée à l’étonnante fécondité du parasite femelle dont les œufs, pondus par centaines chaque jour, sont piégés dans de nombreuses muqueuses et tissus formant des granulomes.


Mise en place du laboratoire

Le laboratoire a été mis en place en 2008 pour effectuer une étude sur la prévalence de la bilharziose dans la région de Bandafassi. Installé dans les locaux d’un poste d’infirmier, il emploie à temps plein un laborantin.



Campagne de dépistage et de traitement

En  2008 une campagne de dépistage des bilharzioses intestinales et urinaires dans la région de Bandafassi  ( Sénégal oriental ) mettait en évidence des taux de contamination très élevés, de l’ordre de 44%, allant jusqu’à 90%  dans certains villages. En collaboration avec les autorités sénégalaises  un ambitieux programme d’éradication et d’éducation sanitaire fut mis en place. Il permit  de traiter et de suivre 3.324 enfants répartis dans  54 villages.

Le graphisme ci-dessus illustre le succès de ce programme : la prévalence moyenne de la bilharziose intestinale (Schistosoma mansoni), initialement de 44 % avant traitement dans les divers villages, se maintient, encore en 2015, à un taux très bas (< 4 %). 



Mise en place d’équipes mobiles

 
L’introduction du concept d’équipes mobiles (5 agents de santé motorisés encadrés par le médecin chef de la zone) a permis de mener à bien plusieurs objectifs :

  • le suivi des prévalences bilharziennes chez les 3324 enfants de 6 à 14 ans, scolarisés ou non, après traitement par praziquantel (mai 2008).
  • La mise un programme d’éducation sanitaire, comprenant la construction de 1.000 latrines dans  53 villages très dispersés et d’accès difficile pour certains. 


Un combat permanent


Le tableau ci-dessus montre les taux de prévalence des deux souches, la souche intestinale (S.mansoni) en bleu et la souche urinaire (S. haematobium) en rouge.

La prévalence de la bilharziose intestinale (S. mansoni) reste relativement basse à la différence de la bilharziose génito-urinaire, très présente dans tout le Sénégal.
Cela peut s’expliquer par la grande mobilité des populations, accentuée depuis 2014 par la « dioura » ou recherche de l’or dans la zone étudiée, déscolarisant aussi de nombreux enfants (exemple du village de Tiabedji que nous avons « retiré » du programme de surveillance par manque d’élèves…) et de la très grande dispersion du mollusque hôte intermédiaire de la bilharziose génito-urinaire, capable de s’enterrer dans le sable à plus d’un mètre de profondeur en saison sèche. Le planorbe (bilharziose intestinale) ne peut vivre sans eau. Les valeurs fluctuantes de la bilharziose urinaire dans les villages sentinelles s’expliquent aussi par la non observance du traitement dans certains villages comme Nathia où l’instituteur n’a pu s’opposer au refus farouche des parents et par la difficulté de contraindre un enfant à uriner systématiquement dans une latrine.

Programme de mise en place de latrines

Dès 2010, la construction de latrines est envisagée avec la participation du village d’Assoni.

Le modèle agréé consiste en une fosse de 2 m x 2 m x 2,5 m, recouverte d’une dalle de ciment armé coulée par un maçon. Les villageois sont dédommagés pour creuser la fosse, mais ne perçoivent l’indemnité que lorsque la latrine est clôturée par une palissade réalisée par leurs soins, permettant ainsi une utilisation de jour comme de nuit.

Une latrine est attribuée par concession de 10 habitants. La dotation progressive des villages s’explique par la nécessité de lever des fonds spécifiques, 100 euros par latrine.

L’engouement des villageois s’amplifie d’année en année. Tous constatent la meilleure santé des enfants (moins de gros ventres), la forte diminution des diarrhées, sans oublier le confort ( ne plus être dérangé ou attaqué par les animaux sauvages).

1 200 latrines ont déjà été construites depuis le lancement du programme!

Mais le besoin est continu!

« Les villages où ont été construits des latrines ne cessent  d’exprimer  de nouvelles demandes: les villages s’agrandissent chaque année avec les jeunes  qui, élevés avec le confort des latrines, se marient et fondent de nouveaux foyers et aussi des familles qui migrent de villages en villages, sans oublier quelques latrines anciennes qui se sont écroulées, tout comme les cases, sous l’agressivité de certains hivernages. »

Témoignage du Dr Boubacar Keita

la Fondation FMSR lance un appel aux dons pour financer l’implantation de ces nouvelles latrines.
100 euros suffisent pour construire une latrine!



Une liste de villages demandeurs a été établie début 2021:

  • Liste des nouveaux villages demandeurs:

Habibou, Thiancounmal, Cyline, Itato, Kéréwany, Batimba, Mboulako, Dianwéli, Pelloune, Kindessa, Tanégué.

  • Les villages déjà dotés, souvent partiellement, et demandeurs de latrines en 2021 :

Dindéfelo Tanda, Dapdapas, Afia Pont, Afia Magasin, Missira , Matakossi, Ninéfecha, Namel, Gnapouwar, Kenda, Bandine, Ndébou, Anguoussaka, Inéré, Ethies, Kesséma, Baitil, Thiénar, Landé Roundé, Landé Bawo Fitaré, Bambaya, Soukouta, Baraboye, Thiayel, Landiéni, Damboukoye, Ibel, Boundoucoundi, Thiokoye, Dongol, Patassy, Niagué, Hamadihéri, Danday, Mamakono, Assoni, Kourongoto, Nathia, Baya, Southiourou Baya, Koumaflé, Thiokéthian, Alinguél, Guingara, Thiarmalel, Samal, Sinthiouroudji, Saré Pathé, Santako, Landiény, Nymala, Wandinto, Wouridié (frontière Guinée Conakry), Wountoungouré (frontière Guinée Conakry), Koukoudjié (frontière Guinée Conakry)

Soutenez ce programme!

Avec 100 euros, vous pouvez financer l’implantation d’une latrine.

Aidez ces villageois à s’engager dans la lutte contre la bilharziose et une meilleure hygiène au quotidien! Faites un don!



Ci dessus, François Bessin et Monique Ndiaye


En savoir plus :
Contact : Dr Monique Ndiaye – Dr François Bessin
Email : Laboratoire-Bandafassi@fondationfmsr.org